Création des Banques Alimentaires

Article de Soeur Cécile BIGO datant du 13 mars 1984

Création des Banques Alimentaires
17/03/2014

 

"J'ai faim"

Dans un métro ou dans la rue, je passe devant une personne assise sur le sol. Elle tient sa tête entre ses mains. Elle a écrit sur le sol "J'ai faim".

Vrai ou pas vrai ? Inutile de me poser la question.

J'ai pris l'habitude, en vue de cas semblables, d'avoir dans mon sac un peu de chocolat, de pain d'épice ou d'autres denrées alimentaires. Je dépose mon paquet entre ses mains. Nous échangeons un sourire d'amitié.

D'autres pourraient peut-être employer la même méthode pour venir en aide à ceux qui ont vraiment faim, car il y en a de plus en plus dans notre société d'abondance.

J'ajouterai ceci :

Et si c'était Jésus-Christ, cet homme, cette femme, ce jeune qui dit qu'il a faim ?

Mais n'était-ce pas un appel du Christ ?

L'Esprit-Saint est tout puissant et sans doute inspirera-t-il, ici ou là, une action d'une tout autre envergure dans le cœur d'un jeune ou moins jeune pour qu'à Paris, en France et ailleurs, tous puissent se nourrir décemment.

A Amiens, il y a sept ans, des animateurs d'un centre de drogués venaient chercher dans un supermarché, d'accord avec le directeur - que j'avais d'abord contacté -, les aliments abîmés à l'heure de leur arrivée.

Un animateur d'un centre "alcooliques anonymes" va, lui aussi, chez un boulanger-pâtissier depuis six ans qui lui donne les restes invendus.

Que de corbeilles on pourrait récupérer à la fin des marchés si l'on en imaginait les moyens, avec l'accord également des commerçants !

"J'admets qu'il y ait des riches et des pauvres, mais ce que je n'admets pas, c'est le gaspillage" dit Mère Teresa.

L'intelligence de l'homme invente d'aller sur la Lune. Son cœur n'invitera-t-il pas des moyens efficaces pour supprimer le gâchis afin de nourrir toute l'humanité ? ...

"Quelle est la personne de génie qui surgira et aura assez d'astuce pour mettre en place, avec d'autres, le procédé de récupération rapide et efficace des aliments, avant qu'ils ne soient embarqués dans les poubelles ?"
C'est ce que se demandait un ami des Compagnons d'Emmaüs et il ajoutait : "Peut-être pourrait-on s'adresser aux commerçants restaurateurs, entreprises, réceptions mondaines et politiques - cantines... usant d'imagination -, trouver camions de transport, etc. ?"

C'est vrai que cela demande du temps et de la peine. Que le Seigneur suscite d'autres abbé Pierre pour répondre à ce nouvel appel en faveur de nos frères démunis !

Soeur Cécilé BIGO

 

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