Banque Alimentaire de la Creuse : reconnue d'intérêt communautaire

Banque Alimentaire de la Creuse : reconnue d'intérêt communautaire
01/01/2014

Le financement de la Banque Alimentaire de la Creuse est-il d'intérêt communautaire ? Oui, ont répondu les élus, réunis jeudi soir à Saint-Fiel, mais après un débat nourri sur la différence entre solidarité et charité.

 

Voilà une délibération dont on aurait pu penser qu'elle passerait comme une lettre à la poste. Elle est passée, jeudi soir lors du conseil communautaire de l'Agglomération du Grand-Guéret réuni à Saint-Fiel. Votée à la majorité, même. Moins trois abstentions. Cette décision soumise aux élus communautaires, portait sur la déclaration d'intérêt communautaire du soutien financier apporté par l'Agglo à la Banque Alimentaire de la Creuse.

 

Michel VERGNIER, rapporteur de la délibération, va planter le décor : "La Banque Alimentaire occupe actuellement des locaux trop exigus pour stocker les réserves qu'elle dispatche après aux associations type Secours populaires ou Restos du coeur. Elle a trouvé un nouveau bâtiment - l'ancien bâtiment de France Paratonnerre - idéal pour elle. Sauf que le loyer double". L'association s'est donc tournée vers ses financeurs pour assumer ce coût supplémentaire. Et surtout vers ceux qui ne la finançaient pas. Jusque-là, des communes de l'Agglo subventionnaient la Banque Alimentaire, mais pas toute. Or, comme l'a souligné Michel VERGNIER : "La population des bénéficiaires provient de tout le territoire. Et elle ne diminue pas, au contraire". Ainsi, en 2012, elle a permis que 3200 familles reçoivent de quoi manger, soit 20 000 repas. En volume, ce sont 6 tonnes de denrées qui avaient du mal à tenir dans les 245 mètres carrés du 23 de l'avenue Pierre Leroux à Guéret. Et pour 2013, ce sont un quart de bénéficiaires en plus que se sont adressés à ce guichet de la solidarité.

 

La charité, j'aime pas...

En étant déclarée "d'intérêt communautaire", l'Association rentrera dans les structures pour laquelle l'Agglo vote des subventions annuelles... A commencer par celles qui vont lui permettre d'acquitter ce nouveau loyer.

"La charité, je n'aime pas, intervient alors Jean-Claude DUQUEROIX, délégué de Saint-Sulpice-le-Guérétois. La France ne nourrit pas ses enfants. Nous, élus, on fait la charité et ça me gêne."

"Ce n'est pas de la charité, mais bien de la solidarité, va défendre Eric JEANSANNETAS, vice-président en charge de l'accueil territorial et du personnel. La Banque Alimentaire récolte les stocks de l'Europe, des supermarchés ou de tous donateurs pour les redispatcher auprès des associations qui font la distribution des repas auprès de ceux qui en ont besoin. On répond à un besoin de base."

- "Je ne suis pas d'accord, cela reste de la charité", reprend Jean-Claude DUQUEROIX.

- "Tu voudrais quoi, qu'on arrête la distribution ?", rétorque Eric JEANSANNETAS.

- "Que ce soient des politiques de droite ou de gauche à l'oeuvre, il y aura toujours des gens qui resteront sur le bord de la route et qu'on n'a pas le droit de laisser mourir de faim." s'interpose Bernard DE FROMENT, maire de Saint-Fiel.

Et Claude GUERRIER de rapporter une petite histoire : "Si nous parlons d'injustice, souvenons-nous de ce qu'est ce bâtiment de France Paratonnerres, de ce que sont les requins de l'économie. Il hébergeait une entreprise se créée par un homme qui avait inventé des procédés si novateurs qu'ils ont été retenus pour les équipements des JO de Pékin. Il a vendu son entreprise et ses brevets sans avoir la prudence de céder les locaux avec. Conséquence, les repreneurs ont filé sur Limoges avec ses inventions en lui laissant le bâtiment. Aujourd'hui, il est prêt à les louer à cette association à moitié prix. Le geste est beau."

"Lorsqu'il a fallu voter l'achat de paniers pour un évènement agricole, se souvient Michel VERGNIER, j'ai entendu qu'on aurait mieux fait de donner l'argent aux Restos du coeur. Restons donc logiques avec nous-mêmes. [...]

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