Depuis 2000, la Banque Alimentaire récolte les denrées et les redistribue aux associations

Depuis 2000, la Banque Alimentaire récolte les denrées et les redistribue aux associations
02/06/2016

Installée depuis deux ans dans des locaux particulièrement adaptés à sa mission, la Banque Alimentaire ne s'endort pas sur ses lauriers. En témoignent deux projets phares pour cette année. 

 

"Il y a deux ans, on s'était fixé trois objectifs : trouver des locaux adaptés, ouvrir une épicerie sociale et solidaire et mettre en place des ateliers cuisine." Le premier n'a pas tardé à être atteint (la Banque Alimentaire a emménagé au "Clocher" au printemps 2014), les deux autres devraient l'être cette année. C'est ce qu'à rappelé Alain Gravillon, le président de l'association lors de la visite du préfet M. Philippe Chopin, mercredi dernier.

 

"On travaille sur l'équilibre nutritionnel".

 

"L'épicerie sociale devrait ouvrir ses portes dans l'Albatros au dernier trimestre 2016 et les ateliers cuisine démarreront prochainement : on a reçu notre cuisinette mobile en fin d'année dernière. La Mission Locale a prévu une journée d'information. La Quincaillerie numérique va mettre en place un atelier, sur la place du Marché, en juin. Et on va également travailler avec des associations pour des ateliers itinérants." De quoi coller au mieux à la devise de la Banque Alimentaire : "Ensemble, aidons l'homme à se restaurer". Un point sur lequel a également insisté Didier Bignet, le vice-président. "Aujourd'hui, on travaille plus sur l'équilibre nutritionnell que sur la quantité".

 

Même si, en terme de quantité, la Banque ne voit pas ses besoins diminuer, loin s'en faut. "Entre 2013 et 2014, on a connu une très forte augmentation, de 18%, du nombre de nos bénéficiaires, poursuit le président. Aujourd'hui, on en compte 3.000 sur la Creuse, ce qui est tout de même énorme pour un département comme le nôtre. En 2014, par exemple, on a distribué 250 tonnes de denrées."

 

La Banque a aussi besoin d'argent

Des denrées qui, pour une bonne moitié, proviennent de "la ramasse quotidienne effectuée dans les grandes et moyennes surfaces avec qui on a signé une convention. Cela représente entre 55 et 60% de ce qu'on distribue ensuite à nos associations partenaires". L'enveloppe financière du FEAD (Fonds Européens d'Aide aux plus Démunis) permet pour sa part de constituer 40% de l'approvisionnement. Un stock qui peut également être abondé par des échanges entre banques alimentaires, par l'industrie agro-alimentaire, par des producteurs locaux, par les Jardins Solidaires, et plus rarement, par des dons de privés. "Ce qu'on récupère est suffisant" souligne le président. Ce qui l'est moins, ce sont les subventions sans lesquelles la Banque ne peut survivre ; une vraie source d'inquiétude pour Alain Gravillon. 

 

"L'Etat a besoin des bénévoles"

"Je viens d'abord voir des bénévoles qui donnent de leur temps pour les autres, a souligné le préfet Philippe Chopin. L'Etat aide la Banque Alimentaire puisqu'il finance à hauteur de 9.000 € par an et sous la forme d'emplois aidés. On les soutient financièrement mais je voulais aussi leur rendre un coup de chapeau, les encourager, leur dire bravo. L'Etat a besoin des bénévoles et à un moment donné, il faut dire merci à ces gens-là qui collectent l'équivalent de 3.000 repas par jour. On essaie de les aider comme on peut." 

Une aide qui pourrait se traduire par une augmentation de la subvention "si on a des reliquats en fin d'année". 

 


"L'esprit solidaire, on l'a souvent en période pré-électorale..."

La Banque Alimentaire creusoise ne crie pas famine mais elle a des besoins, notamment financiers. Et des inquiétudes. 

 

"On fonctionne grâce à des subventions. La plus importante vient du Conseil départemental. Après, on a des subventions de l'Etat, de la com d'Agglo. On fait des demandes auprès de toutes les communes mais toutes ne participent pas. L'esprit solidaire, on l'a souvent en période pré-électorale...", déplore Alain Gravillon. 

Autre inquiétude exprimée par le président, celle liée à la loi Garot qui généralise le don des grandes surfaces aux associations de solidarité à travers une convention obligatoire. "Dans quelles conditions d'hygiène et de sécurité ces denrées seront récoltées ?, s'interroge Alain Gravillon. L'Etat ferait mieux de donner les moyens nécessaires aux associations qui le font déjà pour qu'elles puissent récolter dans des conditions optimales. Nous ici, on manque de bras et de moyens techniques. "