La graine de la solidarité a bien germé

La graine de la solidarité a bien germé
19/09/2016

Une bonne idée, un terrain où la faire germer et le tour est joué : les bonnes volontés se sont massées autour de l'Amoma 23 pour récolter des pommes de terre en faveur de la Banque alimentaire

 

Pour qu'une bonne action sorte de terre, suffit juste de planter deux, trois bonnes idées et d'arroser tout ça de bonne volonté. Ça paraît aussi simple que ça quand Alain Parrain, le président de l'Amoma 23 (Association des médaillés de l'ordre du mérite agricole), raconte ce qui a mené deux associaations et un lycée à travailler de concert à une récolte humanitaire.

 

La bonne idée, elle vient de l'Amoma nationale qui, par le passé, a signé une convention avec la Fédération française des Banques alimentaires. Une bonne idée dont l'Amoma 23 a fait une bouture locale. "On a décidé de la décliner en Creuse et, dans un premier temps, on a d'abord aidé la Banque alimentaire lors de sa collecte de novembre dernier dans les supermarchés, explique Alain Parrain. Et là, on s'est dit : pourquoi ne ferait-on pas quelque chose de plus ? On a contacté le président de la Banque alimentaire qui nous a dit qu'il manquait de produits frais : on a donc décidé de faire des pommes de terre. Bon, après, il fallait trouver où les planter. Et comme le vice-président de l'Amoma, Dominique Marcicaud, est aussi président de l'Amicale des anciens élèves du lycée agricole, il a appelé le proviseur qui a tout de suite été d'acoord pour mettre une parcelle a notre disposition. "

 

12 tonnes recoltés

 

Dans la foulée, une convention a été signée entre l'Amoma et la Banque alimentaire et le lycée agricole Defumade. Différents partenaires ont répondu présents par le don de plants, le prêt de matériel... En mai, deux journées ont permis à tout ce petit monde d'unir ses forces, une première fois, pour la plantation sur la parcelle de 65 ares.

Jeudi dernier, a l'heure de la récolte, la journée a débuté dès 8h30. Dans le champ, l'arracheuse - prêtée par le CFA agricole de Brive-Voutezac - a fait son œuvre tandis que l'ensemble des partenaires a mis la main à la patate. Première satisfaction : " Vu l'année, entre l'humidité au moment de la plantation et la sécheresse qui a suivi, le rendement n'est pas si mal " reconnaissait Alain Parrain. Au final, le lycée et la Banque alimentaire se sont partagés 12 tonnes de pommes de terre. Une première réussie donc, qu'Alain Gravillon, le président de la Banque alimentaire, compte bien " renouveler, voire diversifier ". Et au vu de la satisfaction exprimée par le proviseur des lieux, un terrain d'entente - et de récolte - pourrait bien avoir été trouvé pour cultiver durablement ce partenariat.

 

 

La culture de partage a réuni les generations sur un même terrain

"En tant que techniciens agricoles, on ne pouvait pas se planter dans ce projet de maraichage."

Et ils ne se sont pas plantés. Au lycée agricole, jeudi dernier, on avait toutes les raisons de se rejouir : la récolte était bonne, et pas seulement au niveau du tonnage. Tous les partenaires s'étaient fixé un but humanitaire et pédagogique : objectifs atteints. " Dans notre établisssement, on vise à développer la citoyenneté et les valeurs républiquaine, expliquait Eric Cazarus, le proviseur. Pour moi, la première de ces valeurs, c'est la solidarité. Avec ce projet, on a développé de la solidarité intergénérationnelle et de la solidarité envers ceux qui ont des difficultés. Cela nous a aussi permis de mettre en pratique la dis=versification agricole que nous prônons dans notre enseignement. Et il ne faut pas oublier qu'il  a encore un siècle, la Creuse était le troisième département en production de pommes de terre : on n'a rien inventé ! C'est une production que l'on peut redévelopper."

Autre motif de satisfaction,pour le proviseur du lycée agricole : l'implication de ses élèves. " On dit que les jeunes sont individualiste, c'est faux ! Ils se remobilisent de plus en plus . Ce matin, toutes les classes sont passées devant le président de la Banque alimentaire qui leur a présenté cette association. Et presque toutes les classes se sont impliquées dans cette action sur le terrain, au moment de la plantation ou de la récolte."